Ce matin, j'ai pris mon cahier, mes crayons et les poèmes de Mireille pour dessiner au café. Je vous livre l'image que m'a inspiré son sublime texte.
"Il pleut des morceaux de soleil Comme si l'astre habituel se jetait à nos pieds avant de faire faux bond Il a choisi d'incendier les feuilles de hêtre -oui, surtout celles-là- pour annoncer sa fuite de l'autre côté du monde.
Il pleut des adieux. Ce sont d'abord les ombres qui partent Le gris à venir n'en aura pas besoin Les arbres nous abreuvent de vermeil avant de dessiner la mort à nos pupilles assoiffées.
Il pleut des larmes de lumière Que le vent égoutte sur nos sourdes épaules Saisis que nous sommes par le cliquetis des premières bimbeloteries de cristal des matins givrés.
Il pleut des éblouissements posthumes Comme si ses braises sans chaleur nous irradiaient dans un au-delà dont le corps est absent, où l'âme seule fait son miel.
Il pleut des spores étoilées Pour féconder nos nuits de l'espoir solaire qui fut notre commencement Nous rappelant à nos ventres célestes Tapissés des champignons du rêve d'une autre.
Il pleut des feux de Bengale, des pétards de kermesse, des lueurs de carnaval; des joies d'avant-hier des tristesses d'après-demain. Il pleut des intervalles.
Il pleut du temps qui passe Du temps qui se colore pour marquer son tempo Précieux artifice à qui croit aux mouvements du coeur, sachant pourtant que les saisons n'y peuvent rien.
Il pleut des miroirs Des transparences tapageuses au lustre caduc, aux ailes dédaigneuses, aux masques engourdis; il pleut des EXUVIES."
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Je n'ai pas délaissé ton oeuvre de jour le jour, je me suis juste tue.<br />
Vient un moment où le mot même de commentaire est insupportable.<br />
Où seul ce qui crée compte. Et comme je n'en étais pas capbale, je me suis abstenue...<br />
Je suis d'autant plus touchée que tu fasses écho à ma fragile fécondité poétique.<br />
Tu as retenu de mon texte ce que je préfère, comme c'est bizarre!!!<br />
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J'ai retenu ce qui m'évoquait le plus notre conversation de ce jour et ce qui incarnait le mieux cette sensation...<br />
Faire de la poésie en mot et en image de tout ce qui nous encombre, est infiniment apaisant.<br />
Une forme d'acceptation de ce qui Est, et qui, en y regardant de plus loin, peut contenir une forme de beauté.<br />
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